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Alors que l’on met souvent en garde contre le fait que l’intelligence artificielle pourrait supprimer des emplois, en particulier pour les profils juniors, une nouvelle étude de la plateforme tout-en-un de payroll et de gestion RH Deel montre que l’IA crée également de nombreuses nouvelles fonctions. Certaines ont même connu une croissance spectaculaire au cours de l’année écoulée. Le rôle d’AI trainer, chargé d’entraîner, corriger et améliorer les modèles d’IA, est celui qui a connu la croissance la plus rapide au niveau mondial sur la plateforme. 

Selon le dernier Global Hiring Report de Deel, près de 70.000 AI trainers sont aujourd’hui actifs au sein de plus de 600 entreprises à travers le monde, soit une multiplication par onze par rapport à l’année précédente. 

Beaucoup de ces nouvelles fonctions portent sur l’amélioration et le contrôle des systèmes d’IA. Les entreprises ont besoin de profils capables de préparer des ensembles de données, d’évaluer les résultats produits par l’IA et d’ajuster les modèles afin d’en améliorer la performance. Deel observe notamment une forte croissance des fonctions suivantes. 

  • Les AI trainers évaluent les réponses des modèles d’IA et aident les algorithmes à apprendre ce qui constitue une sortie correcte ou pertinente. 
  • Les data trainers ou spécialistes de l’annotation de données labellisent des images, des textes ou des fichiers audios afin d’entraîner les systèmes d’IA. 
  • Les AI software testers contrôlent la qualité des systèmes d’IA, notamment dans la génération de code. 
  • Les AI translation trainers améliorent les traductions automatisées et affinent les modèles linguistiques. 
  • Les psychology AI trainers entraînent des modèles pour des applications liées à la psychologie et au comportement humain. 

La demande pour ces profils augmente également très rapidement en Europe. Sur la plateforme Deel, le nombre d’AI trainers aux Pays-Bas a progressé de 540 % entre 2024 et 2025. En Allemagne, la croissance atteint environ 1.220 % sur la même période. 

La majorité des postes concernent encore des fonctions généralistes comme l’annotation de données, mais la demande pour des profils plus spécialisés, comme les experts en traduction ou les psychologues appliqués à l’IA, ne cesse de croître. 

La forte croissance de ces nouveaux métiers met également en lumière un autre défi, à savoir un écart salarial notable entre hommes et femmes parmi les AI trainers. 

  • Aux Pays-Bas, le salaire horaire médian des femmes AI trainers s’élève à environ 25 €, contre 36 € pour les hommes. 
  • En Allemagne, il est d’environ 17,6 € pour les femmes, contre 31 € pour les hommes. 
  • En France, les femmes gagnent environ 16 € de l’heure, contre 35 € pour les hommes. 

Selon Deel, cet écart s’explique notamment par le type de missions exercées. Les hommes occupent plus souvent des fonctions techniques ou spécialisées, comme le test logiciel ou l’entraînement de modèles techniques. Les femmes sont davantage présentes dans des domaines comme le langage ou la psychologie, où les rémunérations sont en moyenne plus faibles. 

L’IA transforme rapidement le marché du travail. Certaines fonctions traditionnelles, notamment les postes juniors, sont sous pression. Mais de nouveaux métiers émergent autour de l’entraînement, du contrôle et de l’amélioration des systèmes d’IA. 

« Fin 2025, nous avions déjà montré dans une autre étude que l’essor de l’intelligence artificielle entraînerait une baisse des offres d’emploi juniors, mais pas un chômage de masse. Cela se confirme aujourd’hui : l’IA crée également un grand nombre de nouveaux emplois. Le véritable enjeu de compétitivité ne réside pas seulement dans la formation des collaborateurs actuels, mais surtout dans celle des générations futures, afin qu’elles puissent répondre à la demande croissante », conclut Lauren Thomas, économiste chez Deel. 


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